La montre Swatch (« swiss » & « watch ») a 25 ans

, par  Béatrice , popularité : 16%

Cinquante composants, un boîtier et un bracelet en plastique, le tout pour un coût de revient de 8 francs, la première Swatch naît il y a 25 ans. Rencontre avec son initiateur, Nicolas Hayek.
C’est en 1983 que la première Swatch est née : 51 pièces seulement à usiner, au lieu de 91 pour les mécanismes à quartz. Une révolution. Fabriquée en série, étanche, résistante au choc et d’une précision parfaite, la nouvelle montre a de quoi séduire. Bien épaulée par un marketing inédit dans l’horlogerie, elle répondait (et répond toujours) aux attentes d’un public jeune et branché. Certes, la Swatch n’est pas luxueuse, mais c’est un vrai accessoire de mode.

1- La société Swatch Group
Le Swatch Group est une entreprise multinationale cotée au Swiss Market Index.
Son siège social est situé à Bienne en Suisse.
C’est la plus grosse société d’horlogerie du monde, produisant une grande variété de montres et d’éléments pour la fabrication des montres.
En valeur, elle représente 25% des ventes mondiales.

Elle est née de la fusion en 1983 des deux grands groupes horlogers suisses :
- ASUAG (Longines, Rado,...) (fondé en 1931)
- SSIH (Omega, Tissot, Lemania Watch) (fondé en 1930) sous le nom de Société de Microélectronique et d’Horlogerie (SMH).
Elle a été renommée en Swatch Group en 1998.
Son président actuel est Nicolas Hayek.

2- Le président N Hayek
Nicolas G. Hayek, le président du groupe horloger Swatch, a fêté cette semaine ses 80 ans.

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« Peu de gens l’ont compris, notamment parmi la population suisse. Mais l’innovation ne s’est pas cantonnée au quartz ou à la batterie. L’image de la Suisse est vendue à travers Swatch à l’étranger. Swatch, c’est une icône de la Suisse », estime celui que l’on appelle le sauveur de l’horlogerie helvétique, patriote à ses heures.

3- L’invention
L’invention de la montre Swatch se situe en 1980.

Le premier modèle, noir et blanc (ici à gauche), avait été présenté à Zurich le 1er mars 1983.

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Une cinquantaine de composants au lieu des 100, 200, voire 350 que comprend une montre compliquée , un boîtier et un bracelet en plastique, le tout pour un coût de revient de 8 francs.

Ses deux concepteurs techniques sont :
- Elmar Mock, ingénieur en horlogerie et en matières plastiques,
- Jacques Muller, ingénieur, spécialiste des mouvements d’horlogerie.
Le concept stratégique a quant à lui été élaboré par Ernst Thomke.

Les créateurs du design de la Swatch sont Marlyse Schmid et Bernard Muller, indépendants.

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Marlyse Schmid et Bernard Muller

Voici quelques extraits de leur histoire :

"Salut frangin, mon chef M. Bally aimerait te voir. Je lui ai montré tes gravures et tes huiles, il m’a demandé si tu ne serais pas intéressé à dessiner une montre et à la carrosser.
Marlyse, maîtresse de couture, douée pour les choses de la mode, n’avait jamais prévu de dessiner des montres.
Marlyse ira chez quelques marchands de papiers peints en vue d’y obtenir des échantillons, destinés à l’origine aux tapissiers plutôt qu’aux stylistes horlogers. Là se noue d’un seul coup la trame de fond de l’innovation : présenter des choses en relief et en couleur plutôt qu’en dessin.
Avec des airs de bûcherons contemplant l’abattage en s’épongeant le front, Marlyse et Bernard considèrent les sept planches un chiffre bénéfique sur lesquelles les montres en carton décorées à la tapissière, avec déjà dessinés les cadrans, larges et clairs, narguent dans son entier le monde horloger.
Vendredi 1er octobre 1981, on est fin prêt.
Des dessins bichonnés, où de légères touches claires irisent les verres de montre, jouent avec les ombres, flattent les cadrans, contrastent avec des zones plus sombres, noient quelques lignes trop dures, soulignent les contours de la boîte. Bref, du travail de professionnel.

La bouche enfarinée, ils pénètrent dans la pièce. un immense éclat de rire secoue le jury : "Ca alors, un truc comme ça, je n’ai jamais vu. Incroyable...".

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Et Marlyse, main artisanale, instrument de concrétisation pratique des idées artistiques, et souvent techniques de Bernard, apprend l’ABC des plastiques, en commençant par... l’ABS, le polyuréthane, et toute la gamme des matériaux. Plein d’humour et d’esprit, l’ingénieur dissèque les corps plastiques, commente les constituants, les compatibilités et les incompatibilités entre matières, afin que soit possible et que dure par exemple le mariage boîtier-bracelet et verre, de la future Swatch. Bref, Marlyse acquiert une base solide pour pousser ses recherches et ses essais. Essentiellement esthétiques, mais dans les matériaux se prêtant le mieux à l’investigation créatrice.

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La particularité des montres Swatch est le faible nombre de pièces.
Seule la pile est remplaçable, en effet, le mouvement d’horlogerie est placé par le devant de celle-ci, le verre refermant le tout, soudé aux ultrasons.
La montre sur sa version de base comporte 30 pièces d’horlogerie, contre plus de 100 pour une montre traditionnelle, ce qui permet d’augmenter sa fiabilité mais la rend difficilement réparable.

4- Les chiffres de production
Une révolution est en marche. La montre devient populaire, créative et accessoire de mode, avec des collections saisonnières tout comme en haute couture.
Objectif : un million de montres. Swatch en vendra 2,4millions en 1984 !
De 3 millions d’exemplaires vendues sur toute la planète en 1984, Swatch a dépassé les 333 millions.
Toujours proposer une Swatch pour chacun, à chaque instant de sa vie.
Rotation saisonnière des stocks, diversité des styles, effets de mode, prix écrasés et organisation savante de la pénurie (grâce aux séries limitées) se conjuguent pour stimuler la demande.

5- Les collections
« Swatch, c’est la provocation, la couleur, le rejet des conventions. Swatch fait la nique aux prétentieux et aux snobs. Swatch est faite pour les riches comme pour les pauvres, pour les hommes comme pour les femmes, pour les jeunes comme pour les vieux. »
Objet de statut pour décalés-branchés, la Swatch s’impose comme un produit de génération.
L’injection du plastique en microparticules permet d’obtenir des boîtiers, des cadrans et des bracelets dont les couleurs flashent sans faiblir dans le temps.

Quelques séries limitées hors du commun :

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Kiki Picasso 1985
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Leaf Pop 1994
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Xmas 1987
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Mozart 1989
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Havana Puff 1988
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Feathers 1997
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Aiglon GB158 1994
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Aiglette GB159 1994
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VerduHRa PWZ102 1991
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Magic Spell GZ148 1995
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Bottone PWK153 .
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Madremia (Fête des Mères) SFK317 2008


Quelques autres modèles :

. Wonderlake GS108 2003
. Fancy Winter Spirit LK279 2006
. Airfun LR121 .
. Evening only aaSUBB111G .
. Folkloral Chic GE181 2006
. Essence Printanière GG201 2003
. Instrumental GK364 2001


6- La communication
Swatch fait relativement peu de publicité dans les médias, mais dépense beaucoup pour des opérations promotionnelles, qui créent une réelle connivence culturelle avec les consommateurs.

7- L’avenir
Le fondateur de swatch prépare sa voiture verte : après la Smart, c’est le nouveau défi automobile de Nicolas Hayek. Le président du géant de l’horlogerie suisse Swatch va développer un véhicule écologique alimenté par une pile à combustible.
Mené en partenariat avec l’électricien suisse Groupe E et l’institut Paul Scherrer de l’école polytechnique fédérale, ce projet doit aboutir à la production et la commercialisation du moteur à hydrogène en 2010. Entre 12 et 18 millions d’euros devraient être investis par chacun des partenaires.

Cet article a été crée avec les liens suivants :
- www.swatch.com
- www.worldtempus.com
- www.chronomania.net
- www.lexpress.ch
- www.schmid-muller.ch
- www.swatchandbeyond.com
- www.mach-4.nl/swatch
- http://stores.ebay.com
- http://www.squiggly.com
- www.tictacarea.com
- www.rakuten.ne.jp
- www.wwt.it

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